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Dans quel esprit ? Un autre regard porté sur les résidants de la Cité
Des changements sont intervenus chez les résidants, mais des changements tout aussi importants apparaissent progressivement dans la manière de les considérer. Ainsi, nous considérons plus qu'auparavant les capacités plutôt que les handicaps. Considérer le handicap, c'est se centrer sur des déficits, des manques, et orienter son action éducative sur des stratégies curatives. Se centrer sur les capacités, c'est au contraire placer au centre de nos actions ce que les personnes peuvent et aiment faire et ainsi développer des stratégies qui encouragent et valorisent leur potentiel. Ce changement dans le regard a pour corollaire un questionnement continu pour savoir si en fonction de son évolution la place du jeune est toujours à la Cité. On n'entre plus à la Cité pour la vie mais pour le temps où notre action reste pertinente par rapport au bien-être de la personne accompagnée. Les transferts vers d'autres établissements mieux adaptés sont plus souvent envisagés non comme un échec mais au contraire comme une réussite. Le passage d'interventions de soins à une pédagogie du projet de vie Autrefois la personne handicapée était l'objet d'interventions de soins médicaux, paramédicaux et éducatifs. La pédagogie du projet de vie implique que la personne handicapée devienne, avec son propre potentiel, le sujet de son projet de vie et donc qu'elle participe à l'élaboration de celui-ci par elle-même ou par la participation de ses représentants légaux. Une image quotidienne permettra de mieux nous le faire comprendre : la circulation plus large et plus libre de certains résidants au sein de la Cité, même s'ils ne sont pas doués de grandes capacités, fait qu'ils sont sujets autonomes, dotés enfin des moyens de pouvoir aller où ils le choisissent et de rencontrer qui ils veulent. On ne décide plus pour eux où ils doivent aller, ils le choisissent eux-mêmes, malgré les limites qui subsistent. Pour les personnes moins valides, elles sont accompagnées mais plutôt là où elles en ont manifesté l'intention que là où les éducateurs l'ont décidé. Institution ouverte De plus en plus, la Cité s'ouvre à la vie sociale et aux relations extérieures. Depuis plusieurs années déjà, des sorties de plus en plus nombreuses sont proposées aux résidants, des groupes (Cit'Am, Cit'Art, Sport Espoir) valorisent des activités mettant les résidants en contact avec l'extérieur de manière très positive. L'usage des camionnettes en soirées et les week-ends permet l'accès à des activités culturelles comme pour d'autres membres de la société. Néanmoins, nous ne devons pas perdre de vue que nos résidants sont parfois fort insécurisés par la vie sociale courante, qu'ils s'y trouvent mal, qu'on leur accorde peu leur place. Un équilibre doit donc être trouvé. Dans le cas des mineurs, quand elle est possible, même à temps partiel, la scolarisation sera toujours favorisée. Intégration des familles dans l'accompagnement des résidants. Conçue pour décharger les familles de tout souci quant à leur enfant handicapé, la Cité tente de mettre l'accent sur un partenariat famille-institution qui, s'il a toujours existé avec certains parents, doit être institué de manière rigoureuse avec les nouveaux entrants. Ces évolutions doivent marquer le projet pédagogique global et méritent d'être concrétisées dans nos actions quotidiennes. 
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